L’Angleterre a atteint la finale de l’Euro 2024, mais son parcours a laissé des interrogations sur son style de jeu et son état d’esprit. Thomas Tuchel, nouvel entraîneur des Three Lions, n’a pas mâché ses mots en affirmant que l’équipe de Gareth Southgate avait joué “pour ne pas perdre” plutôt que pour gagner. Alors, cette critique est-elle justifiée ou injuste envers un sélectionneur qui a mené l’Angleterre à sa première finale à l’étranger ?
Les critiques de Tuchel : une équipe sans ambition offensive ?
Dès sa première conférence de presse en tant que sélectionneur, Thomas Tuchel a exprimé un avis tranché sur la performance de l’Angleterre à l’Euro 2024. Selon lui, les joueurs ont joué avec une pression immense, ce qui a limité leur créativité et leur ambition sur le terrain.
“En regardant l’Euro, j’ai ressenti de la tension et de la pression sur les épaules des joueurs. Ils jouaient pour ne pas perdre”, a déclaré Tuchel.
Il est difficile de contredire son analyse lorsque l’on regarde le parcours des Three Lions. Lors de la phase de groupes, l’Angleterre a peiné à battre la Serbie (1-0), avant d’être tenue en échec par le Danemark (1-1) et la Slovénie (0-0). Face à des équipes bien moins bien classées au classement FIFA, ces résultats ont soulevé des doutes sur la stratégie mise en place par Southgate.
Le manque de dynamisme et d’identité de jeu a été criant tout au long du tournoi. En huitième de finale contre la Slovaquie, l’Angleterre a frôlé l’élimination et a dû son salut à un but spectaculaire de Jude Bellingham dans les dernières secondes du match.
Les statistiques appuient également la critique de Tuchel. Avec une moyenne de seulement 10 tirs par match, l’Angleterre s’est classée 19ᵉ sur 24 équipes pour ce critère. Pire encore, en matière de pressing haut, les Three Lions se sont classés 15ᵉ, bien loin du champion espagnol qui récupérait le ballon presque deux fois plus souvent dans le dernier tiers adverse.
Tuchel a également mis en avant la “peur du maillot”, une pression historique qui pèse sur les joueurs anglais à chaque grand tournoi. Il estime que cette attente excessive freine l’équipe et qu’il vaudrait mieux aborder la Coupe du Monde 2026 sans le statut de favori.
“Peut-être devons-nous accepter que nous ne sommes pas favoris et jouer avec plus d’excitation, de faim et de désir de gagner”, a-t-il ajouté.
Pourquoi Southgate mérite plus de respect pour son travail
Si les critiques de Tuchel reposent sur des faits tangibles, elles occultent cependant les réalisations de Gareth Southgate à la tête de l’Angleterre. Deux finales et une demi-finale en trois tournois majeurs sont des performances inédites pour une équipe qui, avant son arrivée, peinait à passer les quarts de finale.
Certes, le jeu proposé par l’Angleterre à l’Euro 2024 a souvent manqué d’éclat, mais il faut aussi souligner la résilience et la mentalité affichées par les joueurs dans les moments décisifs. L’égalisation de Bellingham face à la Slovaquie, la séance de tirs au but parfaitement maîtrisée contre la Suisse et la victoire arrachée face aux Pays-Bas en demi-finale témoignent de la force mentale insufflée par Southgate à son groupe.
L’entraîneur a souvent été critiqué pour son approche prudente, mais cette même philosophie a permis à l’Angleterre d’éviter les humiliations passées. On se souvient encore de l’élimination contre l’Islande à l’Euro 2016, de l’échec cuisant au Mondial 2014 (1 seul point en phase de groupes) ou encore de l’absence des Three Lions à l’Euro 2008.
Si Southgate a commis des erreurs, notamment par son manque de flexibilité tactique, il a également su construire une équipe solide et compétitive, capable d’aller loin dans les compétitions.
Avec du recul, l’histoire retiendra que Gareth Southgate est le deuxième sélectionneur le plus performant de l’histoire du football anglais après Sir Alf Ramsey (vainqueur de la Coupe du Monde 1966). Son humilité et son approche centrée sur le collectif ont permis de restaurer l’image de l’équipe nationale et d’offrir à l’Angleterre une stabilité qui lui faisait défaut depuis des décennies.
L’héritage de Southgate face au défi de Tuchel
Le plus grand défi de Thomas Tuchel sera désormais de transformer cette équipe en une formation plus offensive tout en maintenant l’équilibre défensif et mental instauré par son prédécesseur. Promettre du jeu flamboyant est une chose, mais l’Angleterre devra aussi apprendre à gérer la pression médiatique et les attentes du public.
L’Allemand a raison de pointer du doigt les lacunes de l’Angleterre à l’Euro 2024, mais il devra prouver qu’il peut faire mieux. S’il échoue à atteindre le même niveau de régularité que Southgate, ses critiques pourraient bien se retourner contre lui.
L’Euro 2024 restera donc un tournoi contrasté pour l’Angleterre : un parcours réussi en apparence, mais une performance globale qui laisse un goût d’inachevé. Avec Tuchel aux commandes, les Three Lions entreront dans une nouvelle ère. Reste à savoir s’il saura libérer tout le potentiel de cette génération dorée.
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